mercredi 9 avril 2008





















La mosquée de la kasbah Romrich hier et aujourd'hui.



« Au fond, le ksar, enlacement de cubes jaunes d'où émerge la mosquée biscornue, hérissée de poutres noires, «bâton tendus pour appeler les grands oiseaux de l'espace» (Loti) »




Sans ces ksour, on se croirait plutôt dans un coin des Vosges qu'en Afrique. Les montagnes boisées, d'un vert sombre, sont abruptes, mystérieuses, secrètement hostiles. Ce pays se fait un front soucieux pour nous recevoir.
Depuis que le camp français est là, il ne se passe pas de nuit que les balles n'y pleuvent de tous les bords de cet entonnoir. Par contre, la population juive nous accueille à bras ouverts. C'est que, depuis des éternités, ces parias aux mèches graisseuses, au visage pâle, aux traits alourdis étaient opprimés par les Berbères, volés, spoliés de leurs biens, et les belles juives du Mellah servaient souvent d'otages. Un juif ne pouvait se rendre sur la mule à Oujda ou ailleurs pour ses affaires, sans une escortes sérieuse de Marocains armés par lui et qu'il payait grassement. Et parfois cette escorte ne se faisait pas faute de dépouiller son protégé en cours de route. Aussi sommes-nous la providence de ces gens-là.
Dans leur Mellah puant, ils grouillent comme des mouches sur un fumier. Les rues en sont étroites, rocailleuses et la boue les rend glissantes. Les maisons se composent d'une cour centrale carrée, sur les quatre côtés de laquelle s'ouvrent des trous qui sont des chambres, des écuries, des cuisines pleines de détritus. Ces pièces étroites sont plafonnées de bois et l'on n'est pas médiocrement

























Le quartier du mellah et une jeune femme juive.
« la population juive nous accueille à bras ouverts [...]Les juifs à qui mieux mieux offrent le thé aux officiers, leur montre leurs femmes, leur vendent des bijoux de corail, des plaques de poitrine en argent travaillé; aussi la glace est-elle vite rompue. »

étonné d'entrevoir dans un coin un lit sculpté, ainsi qu'il est d'usage en Bretagne. Les juifs à qui mieux mieux offrent le thé aux officiers, leur montre leurs femmes, leur vendent des bijoux de corail, des plaques de poitrine en argent travaillé; aussi la glace est-elle vite rompue.
Par un sentier en lacets on monte à la kasbah de Romrich; ses murailles et ses tours commandent la vallée. Les habitants prétendent que c'est l'emplacement d'un vieil oppidum romain et que le gigantesque souterrain par lequel on arrive à la source profonde est également dû aux Romains. L'eau de cette source correspond avec celle du Mellah, ainsi qu'on peut s'en rendre compte en y jetant du son.
Pour l'instant, toute les troupes de la colonne, sauf les batteries de campagne et nous, s'apprêtent à effectuer des reconnaissances dans les montagnes environnantes. Le lieutenant C... a obtenu de faire partie d'une de ces reconnaissances. Il m'emmène et je me réjouis d'en être. Nous partons demain matin à 6 heures.












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